Ma première amie  à ville Jacques-Cartier 12e extrait

Presque en face de chez nous, il y avait un restaurant casse-croûte, et nous y étions allés la première journée, manger un repas rapide. J’avais pu voir que ce restaurant était tenu par une petite famille, dont une de leurs filles avait mon âge, et j’y avais vu une potentielle amie. Je cherchais donc les occasions pour aller y faire une course, ce qui me permit de pouvoir lui parler et d’amorcer un lien d’amitié. Elle se nommait Lucie, et elle aussi allait faire sa cinquième année. J’en ai parlé à ma mère, en lui demandant si je pouvais aller chercher Lucie qui m’amènerait à l’école, ce qu’elle accepta. Je me rendis donc chez elle, et ce premier contact se passa très bien, et une amitié s’établit dès cette première rencontre. Elle me montra l’école Hélène de Champlain, le parc, la piscine et l’église, le tout agrémenté d’une belle marche. De retour chez elle, elle me montra une maison que son père avait faite pour elle, sa sœur et son frère cadet, dans leur cour, ce qui me plaisait beaucoup. De plus, dans leur cour, il y avait une grosse piscine. Je n’en avais jamais vu à Montréal. On espérait être dans la même classe au mois de septembre.

  Ma complicité avec mon frère

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Mon frère Gaétan semblait se faire des amis assez facilement. Je me rappelle qu’il était peu à la maison et qu’il jouait beaucoup à l’extérieur, et que je le trouvais chanceux. Moi, mes tâches ménagères augmentaient vu que la maison étant plus grande. Lorsque je le pouvais, j’allais jouer chez ma nouvelle amie Lucie. Comme le soir je ne pouvais aller jouer dehors, Lucie venait chez-moi à l’occasion. Ma mère travaillait la nuit comme aide aux malades, dans un grand  hôpital à Montréal. À ville Jacques-Cartier, Myriam avait une auto, car elle voyageait à Montréal pour son travail. Alors, ces adultes avaient chacun leur horaire; Myriam et mon père travaillaient de quatre heures à minuit dans deux hôpitaux différents, et ma mère elle travaillait de minuit à huit heures le matin. Ma mère voyageait avec une amie qui venait la chercher en fin de soirée. Les moments de complicité avec mon frère Gaétan étaient le soir, alors qu’il rentrait de jouer avec ses amis. À ces moments, notre mère dormait, et nous avions tout le loisir de nous raconter des choses, de nous amuser et d’être des complices.

Je me rappelle que j’aimais bien jouer avec ses jouets. Il avait une playmobile. On déposait cette machine au bout de la table, et on se retrouvait au volant d’une auto. Il y avait un volant, un pare-brise, des essuie-glaces, divers boutons de commande, et un klaxon, et tout ça fonctionnaient avec des piles. Gaétan acceptait de m’y laisser jouer. Les autos me fascinaient. Je regardais toujours mon père conduire quand nous allions au parc Belmont ou à la campagne; j’épiais ses moindres gestes. Gaétan avait aussi plusieurs petites autos en métal, que j’aimais bien. On se plaçait à genoux devant le divan, mais je ne pouvais jamais être au volant, je n’ai jamais pu les conduire, car il me confinait toujours au rôle de sa blonde, en me disant que j’étais assise à l’avant à ses côtés.

Lors de ces jeux, il avait une belle imagination; il m’emmenait magasiner, au cinéma, manger au restaurant, et on se baladait souvent à la campagne. J’ai toujours revendiqué conduire, lui disant que j’étais tannée d’être sa blonde, mais on dirait que ça ne se pouvait pas, et j’ai toujours dû jouer ce rôle avec ces petites autos. J’aimais quand même mieux cela que de jouer avec mes poupées. De temps à autre, mon frère me disait qu’il avait une vraie blonde, était-ce bien vrai ou voulait-il m’impressionner, je ne saurais dire, mais ses récits m’amusaient.

Un soir, je me souviens que Gaétan qui était très débrouillard, décousit son bas de pantalon, y ajouta un bout de tissu qu’il recousit, et finalement y passa le fer à repasser. Pour moi, mon frère était un magicien. Il enfilait son pantalon, et le bas de la jambe était plus large, ce qu’il appelait des pattes d’éléphant. Il me disait qu’il devait être à la mode pour garder sa blonde. J’aurais aimé lui demander de faire la même chose avec mes pantalons, mais je me suis abstenue. Gaétan avait de beaux talents, il démontait plein de choses juste pour savoir comment ça marchait, et la plupart du temps, il arrivait à les remonter, j’adorais le regarder faire. Lorsqu’il n’y arrivait pas, il devait faire face à l’autorité de notre père. C’est probablement pour cette raison qu’il était très bon; radio, grille-pain, horloge, fer à repasser, bouilloire, tout y passait, mais Gaétan continuait à éprouver des problèmes scolaires. Qui sait, peut-être que ce déménagement et ce changement d’école allaient enfin le favoriser, je le souhaitais.

© Manon Bélanger   1er juin  2018

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Je vous remercie…

 

 

Catégories :Extraits du livre

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