L’année de mes 9 ans 10e extrait

 

 

majoretteL’année de mes 9 ans    10e extrait

À la fin des classes, il n’était plus question d’aller chez le cousin Émile à St-Roch de l’Achigan, en raison de mes activités avec les jeannettes et les majorettes. Quant à Brunette, comme d’habitude, je l’avais vue deux fois durant l’année, et comme chaque été, on irait au moins une fois à la campagne sans oublier notre sortie au parc Belmont.Je n’ai pratiquement pas vu l’été avec toutes mes activités, les jeannettes, les parades et les compétitions. Dans les majorettes, on me proposa d’apprendre à jouer du clairon, défi qui m’intéressait et que j’ai relevé. Il me fallait également pratiquer à la maison, ce que je faisais régulièrement.

On se préparait à nouveau pour la prochaine année scolaire, la quatrième, et cette année là encore, j’avais mes souliers bruns pour la nouvelle année. Cette année se passa très bien, si ce n’est que ma classe se trouvait juste en face de celle de madame Francine, ma maîtresse de la troisième année. Ma maîtresse  madame Lise et madame Francine semblaient être de bonnes amies. Madame Lise était gentille avec moi, mais lorsqu’elles en avaient l’occasion, toutes les deux ouvraient leur porte de classe, m’envoyait au bout du corridor en me demandant de revenir lentement. Je les voyais regarder ma démarche, et plus particulièrement mes pieds qui étaient encore légèrement tournés vers l’intérieur, et se chuchotant à l’oreille pendant cet exercice et riant à l’occasion.

Pourquoi cet acharnement? Que voulait-on m’apprendre? Que voulait-on que je comprenne? Que j’étais différente, je le savais. Que les gens pouvaient être méchants, je le savais aussi. Que j’avais un problème au niveau de mes pieds, je le savais, que je portais des souliers bruns lacés, je les détestais ces souliers. Peut-être était-ce une façon pour madame Francine de se reprendre, vu que l’année précédente, elle avait dû être sévèrement semoncée par la sœur directrice pour son rituel matinal à mon endroit, et là, elle passait à un autre plan, soit de s’attaquer à une autre zone de ma vulnérabilité, ce qu’elle n’avait point fait l’année précédente.

Par contre, ma maîtresse était bien gentille avec moi, sauf à ces moments. Ce rituel avait lieu environ une fois par semaine, et pour moi, ce n’était rien comparativement au régime de madame Francine, l’année précédente. Étant toujours une enfant assoiffée d’apprendre et de découvrir, ayant toujours mes parents tout aussi exigeants, j’ai très bien réussi cette quatrième année, tout en poursuivant mes loisirs et mes activités. Durant cette quatrième année, il y eut un évènement majeur au niveau de la famille, soit le départ de mon frère aîné Richard. Tout ce dont je me souviens, c’est que tard un soir, mon père et lui se sont battus et selon mon souvenir, c’était lors de la soirée de ses fiançailles. Son départ ne m’a pas troublée, car pour moi, Richard était comme un fantôme chez nous, je le voyais si peu.

® Manon Bélanger  09-05-2018

Catégories :Extraits du livre

2 réponses

    • Tu as bien raison, on devrait effectivement vivre et laisser vivre, mais ce n’est pas évident pour tous, Il n’est malheureusement pas évident pour tous d’accepter les différences chez autrui, il y en a même qui n’ont pas assez d’une vie pour y arriver. Ce sont les différences qui font de cette Terre un beau jardin fleuri…

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