9e extrait alors que j’ai 8 ans

Cettemajorette 3 même année, ma mère m’impliqua dans les majorettes, les « Étoiles d’or de Sainte-Marie ». Cela m’enthousiasmait, car elles portaient un beau costume, de belles bottes blanches avec pompon, et on m’y apprendrait la canne, ce que je trouvais bien intrigant. Vous savez cette espèce de bâton qu’on arrive à manier adroitement, qu’on peut même lancer dans les airs et rattraper sans l’échapper, et tout cela, sur le rythme d’une fanfare. On m’expliqua aussi que je participerais à des parades et à des compétitions. Quel beau programme pour moi qui avais tant de choses à prouver.

À cette époque, je ne savais pas que ces preuves n’étaient pas que pour les autres, et que moi-même, j’avais un grand besoin de me bâtir une bonne estime de moi. La responsable m’expliqua qu’il y aurait deux soirs de pratique par semaine, et que lorsqu’il y avait des parades ou des compétitions, cela se passerait pendant la fin de semaine. De plus, je devais pratiquer la canne à la maison, pour arriver à bien la manier et à bien la maîtriser. Ma mère était contente que j’aime cette activité, et elle m’a prévenue que je ne poursuivrais cette activité qu’à la condition que mes notes scolaires demeurent les mêmes.

J’ai beaucoup aimé cette activité, et je m’y suis beaucoup investie. Les pratiques avaient lieu au sous-sol de l’église, et c’est toujours avec plaisir que je m’y rendais. J’étais éblouie par le tout: les tambours, les clairons et les trompettes, les drapeaux et les cannes, le tout bien synchronisé. À la maison, je pratiquais beaucoup le maniement de la canne, ce bâton que je devais faire tourner et virevolter dans tous les sens, de façon rythmée. J’adorais cela et je fis en sorte que mon rendement scolaire n’en souffrit point. J’étais très occupée à la maison, car je devais tenir ma chambre propre, faire mon lit dès le lever, mettre la table et faire la vaisselle, aller aux pratiques de majorettes deux fois par semaine, chez les jeannettes une fois par semaine, en plus des devoirs et des leçons. Durant le mois de mai, je devais aller à l’église tous les jours du mois de Marie pour la messe de quatre heures.

Je détestais les repas où mon père était présent et qu’il mangeait son steak, avec plein de sauce brune dans cette grande assiette blanche qui avait un rebord tout autour, pour contenir cette grande quantité de sauce. Je me rappelle cette bonne odeur qui restait longtemps dans la maison. J’observais mon père du coin de l’œil, je l’entendais mastiquer, car il faisait du bruit en dégustant et je le voyais tremper son pain beurré dans cette sauce brun foncé. Ces moments qui se passaient surtout à l’heure du dîner (étant donné qu’il travaillait de soir), m’étaient difficiles.

 C’était moi qui faisais la vaisselle, et je m’empressais, lorsqu’il avait terminé de desservir son assiette. De façon générale, il restait de la sauce et le gras du steak, qu’il ne mangeait pas. C’était mon lunch, à l’abri des regards de tous je tétais et je dégustais ce gras qui était bien imbibé de sauce, et je n’ai aucune honte à le dire, je léchais l’assiette, afin d’y recueillir la sauce restante, et certaines fois je pouvais la boire à l’aide du rebord de l’assiette. À ces moments, j’étais très contente de faire la vaisselle. Je me rappelle, qu’il y avait toujours une grande tranche de steak de ronde dans le frigidaire enveloppé dans un papier brun, pour ce père et que pour lui seul. Il ne mangeait pas toujours du steak, mais cette grande tranche lui faisait trois ou quatre repas durant la semaine.

Le grand jour arriva enfin, soit celui d’une parade. Ce fut féerique pour moi, et j’en ai fait plusieurs. Certaines fois, sur la rue Sainte- Catherine, sur la rue Ontario,  sur la plaza Saint-Hubert, et le rêve, lorsque c’était loin, le transport s’effectuait par autobus. Je me souviens avoir fait la parade du Carnaval de Québec, mais mon principal souvenir, c’est qu’il faisait très froid. J’ai également connu ce qu’étaient les compétitions qui se passaient dans des arénas ou auditoriums, et où il y avait plusieurs groupes de majorettes. Mes parents sont venus à quelques reprises voir des compétitions. J’aimais beaucoup ces compétitions.

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® Manon Bélanger 23-04-2018

Catégories :Extraits du livre

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