L’été de mes 7 ans

 6e  extrait de mon livre

 

Image d'une ferme jpeg

À l’été de mes sept ans, mes parents m’ont dit que j’irais tout l’été chez le cousin de mon père à la campagne, soit chez son cousin Émile. J’accueillis avec enthousiasme cette nouvelle. Émile était celui qui nous avait loué le chalet l’année précédente et celui qui était le propriétaire de Brunette. Par contre, il était celui que je connaissais le moins, car quand nous allions certains dimanches à la campagne, nous ne faisions qu’une courte visite chez lui à certains moments, ce dernier ayant la plus grosse famille, soit neuf ou dix enfants. Qu’à cela ne tienne, j’étais contente, surtout à cause de Brunette, que je pourrais voir  tous les jours. Je l’avais bien vue durant l’année, car nous étions allé certainement deux ou trois fois, mais là, je la verrais tout l’été… C’est donc le cœur léger que je passai la majeure partie de l’été à la campagne. Ce sont pour moi de beaux souvenirs, car là encore, j’étais la plus jeune, mais il y avait une maisonnée tout autre que celle à laquelle j’étais habituée, et j’aimais cela.

Je me rappelle cette grande table remplie de plats sur la table, que chacun se passait à tour de rôle, toujours de la viande, des légumes, des patates et du dessert. J’étais impressionnée par la quantité de nourriture qu’il y avait sur la table, et tout le monde mangeait la même chose. Je trouvais que les gens à la campagne mangeaient beaucoup mieux et beaucoup plus que les gens de la ville. Il n’y avait pas de « grilled cheese », de « kraft dinner », de gésiers, de hot-dog ou de sandwich, ni même de soupe Lipton, mais toujours de la viande, des patates et des légumes, et, en plus, il y avait toujours du dessert. Ce qui m’était difficile au moment des repas, c’est que je refusais de boire du lait de vache, ce lait qui était sur la table dans un drôle de contenant. Après quelques jours, on me procura enfin du lait de la ville, car il était maintenant dans une vraie pinte de lait en vitre. Le subterfuge avait fonctionné…

Chaque jour, je faisais la découverte d’un monde totalement inconnu pour moi. J’ai enfin compris ce qu’était le train pour mon amie Brunette, et ses compagnes. Faire le train est une expression qui décrit toutes les opérations liées à la traite des vaches. On m’a même montré comment traire une vache. Les levers pour le train de 6 heures, les jeux de cachette, les sauts dans l’étable, ou il y avait plein de ballots de foin pour nous protéger, les chants, le travail dans les champs l’après-midi, le train du soir à 18 :00 heures, les repas animés vu le nombre de personnes à la table, et les petites tâches ménagères réparties selon l’âge de chacun.

Les journées se passaient agréablement pour la citadine que j’étais. Ici, personne ne semblait remarquer ma couleur ou du moins en tenir compte, et je voyais Brunette quotidiennement à mon grand plaisir.

 

©  Manon Bélanger    (Ni Noire ni Blanche)      19.03.2018

Catégories :Extraits du livre

4 réponses

    • Oui très certainement, car je garde de très beaux souvenirs de ces séjours à la campagne que j’ai eu la chance de faire. Je crois aussi que cela a contribué à mon amour et au respect des animaux. Au plaisir.

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    • En effet, Brunette fait partie de mes beaux souvenirs, personne n’aurait pu lui résister… Il est malheureux que plusieurs n’aient pas eu cette chance, car les animaux, quels qu’ils soient seraient davantage respectés.

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