La découverte de la campagne

5e extrait de mon livre  

 

ManonLes beaux souvenirs de cette période sont ces balades à la campagne à St-Roch de l’Achigan quand mon père était en congé, J’adorais me retrouver dans la grande famille, des cousins de mon père, les Raymond, tous des frères vivant sur le même rang, ayant pour la plupart de grosses familles. Il y avait des vaches, des veaux, des poules et des cochons, et des terres, beaucoup de terres où ils y faisaient la culture de leurs légumes, de même que du foin et du tabac. Il me semble avoir connu ces gens vers l’âge de cinq ans.

À l’été de mes cinq ans, on y a même passé un temps, mon père ayant loué un petit chalet de l’un de ses cousins. Encore là, le seul souvenir que j’ai de ma sœur Myriam pendant ce séjour, est que je suis allée avec elle chercher de l’eau avec une brouette et deux gros bidons de lait en métal, chez le cousin de notre père, car il n’y avait pas d’eau à ce chalet. Dans mes souvenirs, j’étais surtout avec mon frère Gaétan. Avec ce dernier, je me revois jouer dans la rivière, et je me souviens qu’il m’a retirée de l’eau alors que je m’étais retrouvée sous l’eau.

Quel endroit magiquece chalet était situé dans un énorme champ, où il y avait plein de vaches, et où je me suis fait une amie parmi celles-ci. Je l’ai même baptisée Brunette, cette dernière étant la seule vache brune et blanche, dans ce troupeau, toutes les autres étaient noires et blanches. Incroyablement, Brunette en est venue à m’accepter, à me reconnaître, et accourait quand je faisais un porte-voix avec mes mains et que je l’appelais. Certaines fois je l’appelais, et d’autres fois je courais la retrouver dans ce grand champ. Je lui trouvais toujours quelque chose à manger, car je chipais des choses pour ma Brunette ; soit un morceau de pain, un pain hot-dog, ou un biscuit, mais je lui apportais toujours quelque chose. Tous les soirs, j’étais craintive de perdre mon amie, car à cinq heures, quelqu’un venait toujours chercher toutes les vaches, en criant de drôles de sons, et je souhaitais toujours que Brunette se tienne à l’écart, qu’elle ne suive pas les autres vaches, mais elle se rendait au rendez-vous comme les autres. Allait-elle revenir de cette longue marche qui l’amenait à l’étable ? Heureusement, elle revenait toujours, j’ai compris, l’année suivante, qu’elle allait au train deux fois par jour.

Je me souviens même qu’une fois, alors que mes parents étaient absents, j’avais réussi à la faire entrer dans ce petit chalet. Il m’apparaissait injuste qu’elle doive vivre et dormir dans un champ, elle, mon amie que j’aimais beaucoup. À son retour, mon père voyant cela m’avait disputée, et avec beaucoup de difficultés, il avait fait sortir Brunette de ce chalet, sous mes yeux horrifiés et en pleurs. Était-ce parce que Brunette résistait ou à cause de l’exiguïté des lieux ? Je ne l’ai jamais vraiment su, mais ce même jour, j’avais fait un pacte avec mon amie : j’allais toujours m’en occuper et en prendre soin. Alors, je m’ingéniais à chiper ce que je pouvais à l’insu de tous, afin de lui trouver des choses à manger, et je passais beaucoup de temps avec elle dans le champ.

Je jouais aussi avec des grenouilles que j’allais chercher dans la rivière, que je plaçais dans un bol, et, après avoir joué avec celles-ci, j’allais les reporter à l’eau. À d’autres moments, j’étais avec mon frère Gaétan, et on jouait dans la rivière, ou on allait chercher de l’eau tout près de l’étable qui était assez loin. Quand notre séjour se termina, j’ai caressé longuement mon amie en pleurant, et en lui disant qu’on allait se revoir, car parfois mon père nous emmenait faire des tours à la campagne. Cet été fut un bel été ; on est même revenu en ville avec une nouvelle amie, Princesse, une chienne dalmatien, qui était très belle toute de blanc et de noir .Cette chienne était arrivée de nulle part, et on l’avait gardée sans que personne ne vienne la réclamer, et jamais elle n’est repartie. Nos parents ont accepté qu’on la garde et qu’elle revienne avec nous. J’ai bien tenté d’intercéder pour Brunette, mais en vain. Il paraît qu’elle aurait été malheureuse sans ses sœurs vaches, et qu’elle aimait aller au train deux fois par jour, ce qu’on ne pourrait faire à Montréal.

La seule ombre à ce séjour a été que mon frère Gaétan avait eu toute une volée de mon père, et je peux encore entendre ses cris et ses pleurs, et tout ce bruit qui provenait de la chambre. Je me rappelle que je pleurais et je criais à mon père d’arrêter, mais rien n’arrêtait ce vacarme. Quand Gaétan m’a décrit  par la suite la raclée qu’il avait reçue, j’ai toujours considéré ce père comme étant méchant et cruel, et je suis revenue à la maison avec une autre image de ce père, qui, heureusement, était peu à la maison. J’ai malheureusement eu trop souvent l’occasion de revivre de telles situations.

Mon père travaillait à deux hôpitaux : durant la semaine, de quatre heures à minuit, et en fin de semaine, il travaillait de jour, dans un centre d’accueil. Mis à part la sortie du parc Belmont et les visites chez ses cousins, moi, je ne lui en demandais pas plus, car sa présence ne me manquait pas. Malgré son absence, il était très présent dans la maison, car ma mère menaçait toujours de tout lui raconter les choses lorsqu’il y avait un comportement inacceptable selon elle. Cela s’adressait généralement à mon frère Gaétan selon mes souvenirs. Malgré son absence, il était l’autorité. Quant à moi, très consciente des enjeux, je m’organisais pour ne pas être dans la mire, et je réussissais bien, mais malheureusement, il n’en était pas de même pour mon frère.

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Catégories :Extraits du livre

4 réponses

    • Merci beaucoup, C’est avec la magie des mots, des pages et des chapitres que se crée une belle histoire, le tout avec limpidité et authenticité. Un tel commentaire est très motivant pour la poursuite de mon écriture, car je suis actuellement à l’écriture d’un deuxième tome.

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