Mon enfance    

         2e extrait de mon livre

 

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Il me semble avoir eu une enfance comme toutes les autres filles de mon âge. J’en garde cependant très peu de souvenirs. Ces derniers refont surface alors que j’étais âgée de cinq ans. Je me rappelle que j’accompagnais ma mère au sous-sol d’une église; selon mes souvenirs, nous étions à l’église Immaculée–Conception, sise sur la rue Papineau à Montréal, et je me souviens y avoir vu une poupée de couleur, qui était sur une tablette, et j’avais fait une super crise pour l’obtenir. Je me rappelle également qu’une dame, cliente ou vendeuse était intervenue en ma faveur, et ma mère me l’avait finalement achetée. Il devait y avoir peu de poupées de couleur à cette époque, car je n’en avais pas et je n’en avais jamais eu, et c’est bien pour cela, j’imagine, que j’étais déstabilisée, moi habituellement si calme et si docile. Je me rappelle que je ne voulais rien entendre, sinon avoir cette poupée.

Ma sœur aînée Myriam fréquentait l’école, et elle était très près des religieuses de la Congrégation Notre-Dame, tout comme ma mère d’ailleurs. Elle était en neuvième année, alors que moi je ne fréquentais pas l’école, car je n’avais que cinq ans.  À cette époque, il n’y avait ni garderie ni maternelle alors je n’avais pas l’occasion de jouer avec des amies de mon âge. Je me rappelle que je passais de longues périodes à me balancer sur la galerie arrière, en regardant jouer une voisine de mon âge qui jouait souvent avec une amie sur sa galerie. Je pouvais les voir et les entendre facilement, puisqu’on habitait au rez-de-chaussée. Lorsqu’il y avait des sorties dans la classe de ma sœur Myriam, la religieuse m’y amenait également. Je me rappelle surtout un endroit qui s’appelait : «  Les portes du ciel », et je crois que sa classe y allait pour faire du bénévolat.

Ce dont je me souviens, c’est que de vieilles personnes malades vivaient à cet endroit. Le samedi matin, alors que les religieuses allaient prendre des cours de tricot, moi on m’amenait pour suivre des cours de dessin, ce que j’aimais bien. Nous habitions alors sur la rue Bordeaux, au coin de la rue Lartigue, juste en face de l’école Lartigue, et en biais de l’église Sainte Marguerite Marie, paroisse où j’ai été baptisée. De ce fait, il arrivait qu’une religieuse vienne occasionnellement à la maison, nous visiter.

À la maison, nous étions quatre enfants, et moi, j’étais la cadette. Ma mère à cette époque était au foyer. Mon frère Gaétan qui avait dix ans fréquentait l’école spécialisée pour les garçons avec difficultés scolaires; de la rue Papineau; ma sœur Myriam avait 15 ans, et mon frère aîné Richard avait 21 ans. Aussi étonnant que cela puisse paraître, j’ai peu de souvenirs de cette période au plan familial. À titre d’exemple, il m’est difficile de me rappeler les repas où toute la famille devait être réunie autour de la table, sauf lors d’une occasion spéciale, tel le réveillon de Noël par exemple. Quant à mon père, il était peu présent, ayant toujours eu deux emplois, dont le principal était infirmier dans un grand hôpital de Montréal.

Ce dont je me souviens, c’est que ça n’avait donc pas l’air facile l’école. Je me rappelle que les leçons et les devoirs semblaient difficiles pour mon frère Gaétan, qui n’y comprenait rien, et que ma mère se fâchait à ces moments. Je me rappelle l’avoir déjà vue briser son coffre à crayon, qui était en bois sur sa tête dure. De plus, il avait toujours des punitions quand mes parents allaient chercher son bulletin. Quant à ma sœur Myriam, nous étions dans la même chambre, et je la voyais étudier beaucoup sur son pupitre avec sa lampe allumée, et ce, assez tard le soir. Elle aimait l’école, mais les devoirs et les leçons lui étaient difficiles, car elle avait  un problème de vision, elle devait porter des verres assez épais. Concernant mon frère Richard, j’ai très peu de souvenirs de lui à la maison.

Mis à part ces souvenirs particuliers, mon enfance s’est passée sans anicroche, et en toute quiétude. Je me rappelle que, presque tous les jours, j’allais avec ma mère faire des commissions sur la rue Ontario, et j’aimais bien cela. Ah oui, il y a  eu Ti-gars, ce chat tout noir que j’avais trouvé dans la ruelle, croyant que c’était notre chatte Tootie qui était  également toute noire. Devant mes pleurs quand Tootie fut de retour à la maison, ma mère avait consenti à ce que je garde Ti-gars. Il fut mon fidèle ami jusqu’à l’âge de dix-huit ans, alors que Tootie a été frappée par une automobile une année plus tard.

Ah oui, il y a bien cette autre crise que j’ai faite à ma mère, juste avant de commencer l’école. Elle m’avait emmenée au magasin de chaussures, et le monsieur m’avait apporté des souliers de cuir brun lacés, que je refusais d’essayer. À ce moment, je portais des bottines brunes, même si j’avais cinq ans. Moi, je voulais des souliers, pas des souliers lacés. Ma mère et ce monsieur m’ont bien fait comprendre que je n’avais que deux choix; soit celui de continuer à porter des bottines brunes ou des souliers lacés bruns. Cette fois-ci, la tierce personne était du côté de ma mère, j’ai donc dû choisir les souliers. Dans les faits, j’ai porté de tels souliers jusqu’à ma quatrième année. Exceptionnellement, pour ma première communion, j’ai eu des souliers blancs à ma grande joie, mais lorsque je regarde ces photos, je vois bien que je ne pouvais pas  porter de souliers, car même assise, je peux constater que mes pieds étaient légèrement tournés vers l’intérieur.

Cela était dû à du rachitisme, selon ce que ma mère m’a expliqué, ou du moins le souvenir que ma mémoire a enregistré et conservé. Beaucoup plus tard, j’ai pensé que j’avais sûrement souffert de malnutrition dans mon jeune âge, mais j’en suis arrivée à déduire que j’avais plutôt possiblement manqué de vitamines, ce qui m’était beaucoup plus acceptable. Il y a de ces mots qu’on peut dire à un enfant, et qui, sans explications, lui font vivre des angoisses, de l’anxiété, des craintes et des perturbations inutiles, qui peuvent  traumatiser l’enfant  inutilement.

J’ai trouvé l’explication grâce à Wikipédia. En résumé, on y définit le rachitisme comme étant une maladie de la croissance et de l’ossification observées chez le nourrisson et le jeune enfant. Elle est caractérisée par une insuffisance de calcification des os et des cartilages, et elle est due à une carence en calcium et/ou en vitamine D. Elle touche les enfants âgés entre 6 et 18 mois. C’est une maladie qui devient rare dans les pays développés grâce au dépistage précoce. La peau foncée filtre davantage les [UV], ce qui limite les cancers de la peau, mais limite aussi la synthèse de vitamine D.

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©  Manon Bélanger     26 février 2018     

Catégories :Extraits du livre

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